Mardi, 17h30: Il, parce que c'est lui, encore lui, de retour, toujours le meme dont on parle, meme si il change toujours entre les fois ou Il nous interesse, remonte la rue de la Raie. L'avenue piétonne est longue, rythmée, et mesurée par les cigarettes qu'Il fume, et ponctuée par ses arrets incessants pour quémander un misérable feu. Il souri de l'oeil derrière ses Wayfarrer, ce qui se traduit par un soulevement léger des coins de ses lèvres, qui les rouvre.
L'interminable marche est peuplée d'espèces peu fréquentables d'imbéciles à casquettes et chaussures de sport et maillots de foot, de poids, de polka dots qui envahissent mon champ de vision, qui poussent deci, dela, sur ses ballerines, son tee shirt, ta cravate, un pantalon Burberry du plus mauvais gout, un fan des Smashing Pumpkins, des promotions chez Etam, un nouveau Store chez Kookai, on affiche le Slim chez Levi, quand on parie sur le retour du pantalon large informe du temps ou Il faisait du skate, qui le tente, les paroles de Gravity's Rainbow lui échappent, c'est insupportable, direction la Fnac, temple de la consommation estudiantine exercant un attrait inexorable. Les imbéciles sont toujours les plus sublimes.
Il plonge vers un bac ou git un cd inutile, inconnu, et abandonné, il tend sa main vers lui. Elle le frole, elle le touche, elle le remarque, tourne sa tete vers lui et le regarde. Ca y est. Il s'est dirigé vers ce disque car elle le voulait. Il en est amoureux, ca y est, sa Gibson blanche sur l'épaule, lui avec Girls Who Plays Guitars, du fulgurant et aventureux second album de Maximo Park, contenant des tubes a la pelle dans chaque titre, promettant d'en écouler plus que les 500 000 précédents, la sortie de Hats Off To The Buskers approche en France. Son legging, sa jupe comme on en fait plus, il va au marché du Vintage, ou son slim, ses talons, rouges, lustrés et brillants, miroitants, ou roses bonbon, courageux et intrépide. Il aimerait lui dire, je t'aime déjà, je tombe trop vite amoureux, un regard, un mot me suffit, et quand les personnes qu'on disparait réapparaissent quand on les oublie, en les effacant peu à peu du tableau noir devenu peu à peu illisible, toi dans l'avion, que j'ai snobée si c'était toi, toi dont le copain me contacte pour me dire qu'au fond, moi je m'en tape, et je t'aime toi, aussi, juste parceque tu ressembles à elle, qui est juste une ex, revenons à toi, et j'aime tout chez toi, j'aime tes cheveux longs, tranchants, ondulants et indécis, car ca m'évite de choisir, blonde ou brune, tant que je te bb baise, car je te veux, ta jupe, ton lit, ta vie, ne plus en sortir, t'obséder du matin au soir, te rendre anorexique d'amour, tes jambes fraichement rasées, ta peau brune dans laquelle je me reflete, tes aisseles blanches immaculées et saintes, tes paupières que j'embrasse au moment ou elles se ferment, lourdes comme la nuit tombante, la peche dans laquelle je croque, en plein soleil, la chair de ton rire -cristallin- faisant palir un astre et rougir une bete a bon dieu, ce truc rouge à pois, partout, partout, et si une partie de toi en meurt d'envie, l'autre n'a qu'à fermer sa gueule, j'essuie tes larmes avec mon noeud papillon vert à poids roses, partout, partout, il a une odeur de mer maintenant, maternelle, tout contre ton sein, je m'endors, les reflets mordorés d'un soleil qui se leve en meme temps que toi tu te couches, à veiller la nuit, on se bouscule, on crève la bulle et l'abces par l'exces, on boit, on reste debout jusqu'a l'oubli, pour oublier qu'on s'est aimés sans s'etre connus, qu'on a bu sans avoir mangé et qu'il me reste des fioles vides plein les poches, ta tete sur mes épaules, et peut etre meme que ta culotte traine dans mes affaires, mais je ne te l'ai pas enlevée, je crois, et tu souris, ton décolleté aussi, ton sourire colgate, un appareil récemment retiré, et je me réveille, à tes cotés, je décolle tes cils, tu t'éveilles, tes seins marqués par les draps, je ne me rappelai pas que tu avais retiré ton soutien gorge aussi, comme ton appareil, avant de dormir, je baise toutes les parties de ton corps, derrière ton genou, ou ta peau est laiteuse et veloutée, tu portes la frange comme personne, cest a dire bien, un café couille, pour se démarrer les trois jours de remise en marche apres la gueule de bois, car on a plus l'age de faire l'apologie de la décalcomanie alcoolique, plus 20 ans, pas encore 30 mais c'est toujours trop pour jouer au jeu auquel on joue, on perd à chaqe fois, les règles ont du changer, et qui nous a avertis, l'argent, la jeunesse ne s'achete pas, plus, pourquoi celles qui ne sont pas miennes sont elles toujours plus belles que celles que j'ai, plus en fleurs, plus bourgeonnantes, pourquoi les seins sont ils toujours plus gros chez la copine du voisin, l'herbe pubienne mieux taillée, à la main et à l'anglaise, et je fuis, je file, je quitte ton lit sans prendre de douche, dans ma veste comme un garçon, sur la pointe des pieds, en silence, je m'évade, sort du cercle de l'attraction que ton brun et opiacé epiderme a sur moi, la passion que m'inspire ton haleine Fluocaril, Vodka, Cigarette, Chocolat, ton regard en yeux de chats demi lune, voila, la couche d'ozone est percée, je suis dans l'acensceur, quel orthographe compliqué, celui ci est faux, appuyer sur le bouton avant que tu ne te réveilles, descendre, courir jusqu'au prochain paté de maison, aller boire un café au bistrot, t'imaginer réveillée, sentir Obsession sur ta peau qui a déteint sur la mienne, juste au coin de ton cou et de ton épaule, la ou tu as un creux, voir la courbe de ton talon d'achille, qui se tend dans un effort surhumain hors du lit, je t'imagines de la, à ton éveil, seule dans ton lit, qui a refroidi depuis que je suis parti, la fenetre était ouverte, un mot sur la table de la cuisine, avec une trace de jus d'orange, et la bouteille entamée à coté, a bientot, un dernier mensonge pour la route, j'ai signé d'une croix, écrit en lettre batons, te réveiller, comment, j'avais oublié jsuqu'a ton nom, que je n'ai jamais su.